Domaine Alain Chabanon

Alain Chabanon

Domaine Alain Chabanon - Languedoc

Le charme des flacons nommés Chabanon

Alain Chabanon est du genre direct et exigeant. Il fait des vins, pour lui, pas pour les autres. Tant mieux si ça plait, tant pis si ça déplait. Lui qui se voyait élever des vaches Aubrac, le voilà depuis plus de 20 ans, la tête dans le guidon, les pieds dans le terroir. Trop perfectionniste pour prendre le temps de levée la tête. Ce fils de prof a toujours eu un destin de paysan. Et même si on l’a gentiment mis sur le chemin des études, il n’a jamais capitulé.

Son cursus en agronomie le mettra sur le chemin de l’oenologie, l’œnologie sur le chemin de la viticulture et la viticulture sur le chemin de Montpeyroux, en Languedoc où il s’installe en 92.

« Des vignes, vieilles tordue et cabossées, exactement ce que je cherchais »

Dans les années 80, Alain commence fort en faisant ses armes chez Alain Brumont (Château Montus), l’un des plus grands vignerons de l’époque avant de faire une virée en Espagne et à Ajaccio (au domaine Peraldi). Pour dégoter ses premières vignes au début des années 90, il fait simple : il met une annonce dans un journal professionnel. Banco. Des propriétaires sont prêts à lui vendre des terres : « leurs vignes étaient vieilles, tordues, cabossées. Ils étaient presque gênés de me le présenter ! Moi j’étais ravi, c’était exactement ce que je cherchais ». De ces syrahs anciennes et presque bradées, Alain fera ses premières bouteilles. Une production tout en douceur, presque confidentielle jusqu’à ce qu’un journaliste de Gault & Millau s’affole et tombe sous le charme de ce flacon nommé Chabanon. Dégustation, interview, shooting photo : en 1995, Alain se retrouve sous le feu des projecteurs… et dans le collimateur des importateurs : « en 8 jours à peine, mes 3000 bouteilles se sont envolées au rythme d’une palette par pays ». La claque !

Un terroir magnifique bichonné à l’exigence

Mais Alain garde les pieds sur terre, fidèle parmi les fidèles à son Languedoc qu’il aime tant. Il ne change rien : rendement riquiqui, bio depuis 92 et biodynamie depuis 2010, méthode traditionnelle en cave (ici, on pige encore avec les jambes), élevage long. Chabanon fait à sa façon. « Mes vignes n’ont plus rien à se mettre sous la dent depuis 17 ou 18 ans. Quand certains ont su que je ne leur donnerais même pas un gramme de compost, ils ont pensé que je courais à ma perte, qu’elles allaient mourir et moi avec. En réalité, elles s’en sortent à merveille et sont la vraie expression du terroir. Elles cherchent et trouvent ce dont elles ont besoin pour donner le meilleur d’elles mêmes ». Aujourd’hui, avec 17 hectares au compteur, Alain Chabanon fait partie du décor. Du moins, pour les quelques privilégiés qui ont eu la chance d’y goûter.

Entre élevage court et élevage long, pour chaque cuvée, une vraie proposition

Allergique aux grandes surfaces (et on le comprend), Alain Chabanon a trouvé sa place chez les cavistes pointus et pointilleux, à la table de très belles maisons et en dehors de l’Hexagone. Moralité, avec seulement 50.000 bouteilles dans la place, il ne reste pas grand chose à se partager. C’est donc le moment ou jamais de sauter à l’eau et de faire connaissance avec ses micro-cuvées. D’un côté les élevages « courts » d’une seule année, de l’autre les élevages (très) longs de 3 ans. Deux clans, deux manières de voir les vins. Et pour chaque cuvée, une vraie proposition. Les vins d’Alain Chabanon sont des partis pris, ils sont le fruit d’une réflexion minutieuse, aboutie, précise. Ils ont les tripes de celui qui les fait et la ferme intention de vous faire vibrer. Émoustillé, ému, charmé, bouleversé... Rouge, blanc ou rosé, qu’importe le flacon pourvu qu’ont ait l’émotion.

 

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Ses photos

Languedoc

Depuis quelques années, le regard des amateurs se détourne des régions « historiques » pour s'aventurer vers de nouvelles contrées viticoles. C'est le cas avec le Languedoc, dont les vins, boudés pendant des lustres, rivalisent désormais avec les plus grands. Longtemps producteur de vins de consommation courante, ce vaste vignoble a repris du poil de la bête avec l'arrivée de cépages plus « nobles » dans les années 70.

Aujourd'hui, le Languedoc poursuit sa mutation : terroirs préservés, cépages mieux maîtrisés, viticulture plus douce, élevage optimisé. Entre les Cévennes, les Pyrénées, le Massif des Corbières et la Montagne Noire, Le Languedoc c'est une palette de plus de 100 cépages, une diversité de sols incroyables – sablonneux, calcaires ou argileux sur le littoral, schistes, marnes, terrasses de cailloux, roulés en bordure de crêtes et vallées et des contrastes climatiques extrêmement forts d'un coin à l'autre. Alors oubliez les clichés des vins du sud lourdingues et gavés de soleil. Le Languedoc a su trouver l'équilibre entre puissance et finesse. Attendu au tournant sur ses rouges, la région marque également des points avec ses rosés et ses blancs. La richesse des terroirs et la diversité de ses AOC made in Languedoc en font un champ d'investigation passionnant.