Domaine du Joncier

Marine Roussel

Domaine du Joncier - Rhône

Lirac, le magnétisme d'un terroir exceptionnel

On l’écoute. Sans broncher. Raconter sa vie d’avant, celle d’aujourd’hui et de demain. Ses premiers pas, hésitants, dans les vignes, sa rencontre avec la biodynamie, son boulot, dans l’obscurité de la cave. On découvre des fragments d’existence, qui, mis au bout à bout dessinent une sacrée belle histoire. Pas de celles que l’on nous sert dans les bouquins – consensuelles, limpides et courues d’avance – pas de celles qui inondent la presse – clichées, déjà vues -. Non, rien de tout ça.

L’histoire de Marine lui appartient. Cette ancienne graphiste née en Algérie a tout fait pour ne pas devenir vigneronne. « Mon père m’a tellement poussée que je suis allée voir ailleurs ». Normal. Rebelle, elle quitte le nid, les raisins, les clémentines et l’horizon de Lirac, pour les Beaux-Arts. Et explore le monde avec l’appétit d’une créative insatiable.

L’appel de la terre

Jusqu’à ressentir l’appel de la terre. « J’étais arrivée à un moment de ma vie, où j’avais besoin de m’enraciner, de m’incarner… de me calmer aussi peut-être ! ». Elle le sait, elle le sent : le retour au bercail est pour bientôt. En 89, elle se sent prête à embrasser les Côtes du Rhône, à retrouver ses galets roulés qu’elle aime tant, à s’enfermer dans la cave. En un mot : à faire du vin. A l’époque, son papa, ingénieur chez Bayer, vigneron à ses heures, commence sérieusement à tirer la langue. Plombée par la maladie d’Alzheimer, la transmission s’enraille parfois, mais Marine le sait : son avenir est ici et nulle part ailleurs. A la cave, elle trouve un nouveau terrain de jeu. Assembler, sentir, créer ? Pour elle, ça coule de source. L’autodidacte se régale mais elle a soif. Elle veut tout apprendre, tout savoir.

« l’hyper maitrise, les produits chimiques, ce n’est pas moi ! »

Elle reprend ses études, disparaît dans les livres, assiste à des conférences. Elle veut tout apprendre, tout savoir, à sa manière, à sa vitesse. Sans l’aide de personne. Du moins au départ. « Je n’osais pas approcher les vignerons, j’étais gênée, j’avais peur de les déranger. J’ai d’abord appris avec mon père, puis en tête à tête avec moi-même ». À la cave, tout roule, mais dehors, c’est une autre histoire. Le paysage l’enveloppe de ses courbes réconfortantes, le sol lui raconte des histoires lointaines, la nature, généreuse, la réconfortante, mais la vigne… La vigne est comme une étrangère. « Elle m’impressionne, elle m’intimide. On me répète qu’il faut la maitriser, la dompter pour obtenir ce que je veux d’elle. Mais au fond de moi, je crois que je sais que ça ne marchera pas. La vigne me tétanise, l’hyper maitrise, les produits chimiques, ce n’est pas moi ! ».

« Une vie ne suffit pas à explorer tout le potentiel de la biodynamie »

Elle s’écoute et se laisse rattraper par le bon sens : le bio comme une évidence. Pas un simple label apposé sur l’étiquette, une manière d’agir et de penser. Le livre de Nicolas Joly sur la biodynamie en livre de chevet, les outils pour remplacer les herbicides, la confusion sexuelle pour effacer les insecticides et les doutes. « Je ne savais pas comment j’allais le faire, mais je savais que je voulais le faire ». Comme la vie est bien faite, elle croise alors la route d’un « sage », qui va l’accompagner sur les derniers kilomètres de ce voyage presque initiatique au cœur du terroir. Son père décède. Elle est prête à lâcher les chevaux.

Entre ses mains, les raisins ont la parole

Nous sommes en 2008. Marine fait confiance aux cépages : mourvèdre, grenache syrah… elle veut voir ce qu’ils ont dans le ventre ! Mini rendement, pas de levures, pas de bois (elle choisit les cuves béton), une vinif toute douce, une macération très longue : avec Marine le raisin a enfin la parole. Droit dans ses bottes sans jamais être brutal, intense sans être dodu, distingué sans être féminin. Un jeu d’équilibriste entre l’âme du terroir, le tempérament du cépage et la créativité de la vigneronne. Rien d’autre.

 

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Ses photos

Note moyenne de ses vins sur 2 avis

Charlotte Montmasson-sitarz
charlotte montmasson-sitarz
Avis laissé le sur le vin : rhone-blanc-domaine-joncier

Nous sommes un groupe d'amis adeptes des vins et champagnes biodynamiques, et nous avons voulu tester un nouveau produit. Désolée, mais nous avons tous été très déçus par ce vin, qui avait pour nous juste le gout d'un vieux vin madérisé. J'ai été encore plus déçue compte tenu du prix de la bouteille! Nous n'avons pas encore testé les vins rouges que nous avons commandé, j'ose espérer que nous serons cette fois agréablement surpris.

Ben Album
ben album
Avis laissé le sur le vin : lirac-classic-domaine-joncier

Un vin d'une délicate puissance, à ouvrir à l'avance pour en tirer le meilleur

Ben Album recommande ce vin  -  Excellent rapport qualité-prix

La Vallée du Rhône

250 kilomètres, 6 départements, 250 communes, une trentaine d'appellations et 27 cépages, si vous ne trouvez pas votre bonheur ici, franchement c'est que vous faites les difficiles.

La Vallée du Rhône peut schématiquement se diviser en deux : au nord, le vignoble septentrional qui s'étend de Vienne à Montélimar, essentiellement monocépage - on est dans le coin des Côtes Rotie, des Condrieu, des Saint-Joseph, des Cornas, des Hermitage, autrement dit, au paradis de la Syrah - et AU SUD, le vignoble méridional, au dessus d'Avignon, avec des appellations aussi variées que Vaqueyras, Gigondas, Lirac, Chateauneuf-du-Pape, Ventoux, Lubéron… La vallée du Rhône est donc une région aux multiples personnalités. Ce qu'il faut retenir, c'est que la vigne est présente ici depuis l'Antiquité, baignée dans un climat méditerranéen, balayée par le mistral et plantée sur des sols extrêmement divers. Nous sommes donc sur un terroir complexe, avec des vignerons doués d'un savoir-faire ancestral et des vins au caractère bien trempé en rouge, comme en blanc (comme à Condrieu). Selon l'humeur, certains s'orienteront donc vers des rouges droits et francs (Saint-Joseph), désaltérants et charmeurs (Crozes-Hermitage), fins et élégants (Côte Rotie), corsés et concentrés (Gigondas), ronds et fruités (Lubéron)… Les plus patients, se régaleront avec les vins de garde soyeux et fascinants de Chateauneuf.